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Manuel du bon religieux de café

  

Ce texte qui complète celui du « Bon philosophe » et du  « Bon politique », est construit dans le but de comprendre s’il peut exister un homo qui puisse comprendre Dieu au-delà des schémas conventionnels imposés par les religions reconnues, depuis l’Antiquité jusqu’à nos jours.

La réponse, à laquelle nous arriverons au terme de nos trois chapitres, sera que non seulement un tel homo peut exister, mais que ce serait aussi une grande chance si le monde et les religions officielles, au lieu de l’opprimer, en favorisaient l’auto découverte.

La raison qui, selon nous, nous justifie, réside dans le fait que nous continuons à retenir important le changement global survenu dans l’histoire du monde depuis 1945.

Même si cela est amplement reconnu et même si tout le monde en parle, il ne semble pas que les pouvoirs politique, économique et religieux du monde en aient pris lentement conscience.

On fait mine de le traiter au niveau des  États, mais les conférences doivent être ensuite répétées, ou annulées, parce qu’on se rend compte de n’être venus à bout de rien. 

On fait les marches pour la paix, mais on se réduit ensuite à convenir que ce qui comptait, c’était la marche en soi, et qu’on n’avait atteint aucun résultat concret, en dehors d’un peu de propagande de faction.

On prie pour l’harmonisation des cultures, mais on ne fait rien pour corriger le grand défaut de tous les religieux du monde : la prétention que tous s’y reflètent à leur image et à leur ressemblance.

La raison de telles incertitudes est que, bien que le désordre soit évident, on ne sait pas très bien comment y remédier – je veux dire, en toute honnêteté et bonne foi – et cela dépend en partie du fait que le changement d’époque (bombe nucléaire et abolition du capitalisme nationaliste) est arrivé, après la fin de la deuxième guerre mondiale, à l’improviste, sans que personne, au niveau théorique-sociologique l’ait prévu : pas même Weber. Et c’est pour cette raison que l’université n’était pas non plus préparée à ce passage.

A la fin, ce que nous aujourd’hui, ni laïcs ni religieux ne possédons, c’est une base culturelle solide à laquelle s’accrocher, le manuel d’une expérience antique. Qu’on le veuille ou non, nous sommes obligés de procéder par tentatives, en commettant souvent des erreurs, surtout à cause de notre inconsciente cohérence aux vieux systèmes.

Le but de ce texte, par conséquent, est de savoir si des hommes religieux de diverse extraction et culture peuvent exister et se justifier, si des hommes libres de tout préjudice imposé et de conditionnement de pouvoir, réussissent à parler de Dieu dans n’importe quel café de Tokyo, de Hong Kong, de Bagdad, ou de n’importe quelle ville du monde, de façon claire et compréhensible, en se comprenant immédiatement.

 

Imaginons que nous avons un enfant de six mois, peu importe s’il s’agit d’une fille ou d’un garçon, que quelqu’un l’enlève et l’emmène au Pakistan, ou en Arabie Saoudite, ou à Cuba, ou ailleurs, et qu’on l’élève selon les coutumes sociales, religieuses, ou politiques du lieu où on l’a emporté. Nous pourrions en obtenir un genre humain complètement différent, identique du point de vue physique, mais peut-être anti-éthique et ennemi de soi-même comme propre semblable.

Si toutefois on donnait une éducation scientifique à cet enfant enlevé (une éducation qui pourrait être aussi philosophique), à la fin, quel que soit le lieu où on l’aurait emmené, nous aurions un homme au moins capable de se comparer à ses semblables, élevés ailleurs.

 

Il faut penser que la nature, comme "forme de nécessité" a été contemplée par saint Thomas d’Aquin  dans le premier livre de sa  Summa, et il faut juger que ce livre peut être interprété de façon comparable, même en dépit des différences d’éducation de celui qui lit.

Je veux dire, la nature comme produit"d’un bon père qui donne", et cette entente, par exemple de Spinoza, ou de n’importe quel autre scientifique philosophe, ou si on préfère de la pensée grecque, ou de celle de philosophe des Lumières, de la nature comme "puissance en soi" et donc loi de Dieu.

De tels " contrastes " et "oppositions" deviennent compréhensibles quand on juge que saint Thomas n’enlève pas à la matière la conséquence logique de son existence et de la Nécessité Supérieure qui la justifie.

A notre avis, dans la lecture du premier libre de la Somme théologique, n’importe quel humain, non aveuglé par les préjudices, peut trouver Dieu quelles que soient les conséquences logiques vers lesquelles sa propre éducation l’a conduit.

Le soi-disant "athéisme", (le "matérialisme" peut être autre chose, dans la mesure où il est limité dans un sujet de recherche scientifique, ou historique…bien défini) heurte, à la fin, comme nous le verrons, des formes évidentes de vérités métaphysiques  qui nous viennent du monde classique et que Nietzsche, à son époque, avait déjà revalorisées.

 

Les indications de note sont dans le fichier "Notes" du répertoire "Manuel du bon philosophe de café".

 

 

 
Religion  dCafé
1.
 

 

 

CHAPITRE  PREMIER

Le fondement

 

 

 

 

La pensée de Dieu, chez les hommes très antiques, se forma, d’après les anthropologues, comme conséquence du coté extraordinaire des phénomènes qui quotidiennement se présentaient à leurs expériences, et pour la menace, toujours présente, de la mort.

Le miracle, cependant, ne se manifestait pas qu’à travers les événements ambiants extraordinaires, mais aussi dans ceux qui aujourd’hui nous semblent ordinaires (comme l’éclosion des fleurs,

 par exemple), et le ’”Moi” même devait se considérer partie intrinsèque du miracle. Ce qui pour le genre humain d’aujourd’hui est acquis et oublié était, pour les hommes très antiques, raison de développement d’imagination et de méditation continue (2).

La vision d’un brin d’herbe qui pousse, de la naissance d’un agneau, de l’eau qui coule, du vent qui siffle, de la pluie qui tombe à verse ou de la foudre qui tombe,  n’était donc pas seulement miraculeuse ; le miracle consistait dans la conscience que cet amas de sang et de chair, de chaud et de froid, d’odeurs, et de toutes les sensations qui manifestent la nature individuelle des hommes, était lui-même un miracle.

 

La réflexion non résolue sur le principium individuationis dont nous parle Nietzsche dans sa  Naissance de la tragédie se perd dans la nuit de la préhistoire, à l’intérieur de ces éloignements dont nous arrivent les rapsodes homériques et les compositions symboliques de la mythologie.

La pensée sur le principium de l’individuation matérielle de la forme mettait les êtres humains au centre d’une tragédie qui creusait les âmes en profondeur, jusqu’à en faire jaillir la douleur fondamentale.

Serons-nous éternellement condamnés à la reproduction de notre être si limité  ? C’est une question que l’homme très antique se posait concrètement, comme le démontre la théologie du premier pythagorisme, avec sa fondation, certainement pas originale et dérivée de la sagesse des temples égyptiens, de la métempsycose.

L’être humain, dans l’Antiquité, frappait vraiment aux portes des demeures des dieux ; la confidence qui montrait avec le monde super humain était, seulement en apparence, une démonstration d’ingénuité.

Il est probable que la pensée du mouvement a été le plus important objet de méditation de l’homme naturel, tellement antique que déjà au temps des premiers physiciens ioniques, Thalès, Anaximandre et Anaximène, devait apparaître comme acquis et indigne de participer aux résultats de leur travail avec le charisme de la découverte.

Chaque forme vitale est constituée d’une composition de forces élémentaires déjà mortes ; le miracle, le souffle divin est dans leur mouvement : dans ce sens on exprime aussi, entre autre, la genèse biblique.

Cependant, chaque forme ne « domine pas » le mouvement, elle domine dans le fatum : elle ne peut s’arrêter à n’importe quel moment, bien que rien ne puisse nous empêcher de penser qu’il est possible de recommencer. L’être humain, par conséquent, est un miracle en soi, mais un miracle qui n’est pas produit par une de « ses » forces.

En d’autres mots, Dieu était, pour l’homme très antique, partie intrinsèque de sa nature même, participant et producteur du miracle, duquel lui-même n’était que le témoin et l’acteur, mais intime co-essence, lui aussi un produit du miracle même.

L’homme, donc, dans toutes les particularités temporelles de son existence, se sentait “miracle” et Dieu était oui, le producteur du miracle, mais lui aussi miracle, partie intégrante de cette nature dans laquelle l’humanité même se sentait complètement immergée. L’homme très antique ne pouvait ne pas avoir la certitude de l’existence de Dieu, autour de la qualité duquel, il ne pouvait cependant se sentir sûr, dans la mesure où il ne “ dominait ” pas lui-même, ni son propre destin.

Pour conclure, le"Moi" eut connaissance de Dieu au moment où "l’ex animal" reconnut d’être et pressentit qu’il existait un rapport de réciprocité logique entre lui-même et la nature externe qui accueillait son corps. Avec le temps, l’être humain s’habitua à sa propre situation existentielle, il "digéra" le miracle, l’assimila, s’y habitua et l’oublia, en réussissant, par la suite, aussi à l’expliquer.

Le producteur intime du miracle, (c’est-à-dire Dieu) devint donc forme symbolisée dans une figure plus puissante de l’homme, à laquelle on attribuait, souvent, nature protectrice d’un peuple, d’une  polis. Seuls les Hébreux, qui avaient, probablement, la religion plus contrôlée et sérieuse, refusèrent de le symboliser dans une forme. Ils ne purent s’exempter, toutefois, de lui conférer des attributs anthropiques.

Dieu, de toute façon, existe pour le seul fait que l’homme existe ; il devrait par conséquent rester au-delà des attributs. Chaque tentative de le définir et de l’adapter à n’importe quel type de limite, le rend partial et l’éloigne de nous, si bien que l’idée principale de Feuerbach, selon laquelle Dieu serait, au fond, rien d’autre qu l’hypostase de nos aspirations à la perfection et à la compréhension de l’absolu, devrait résulter renversée.

D’après Feuerbach les hommes ont commencé à perdre Dieu, non pas à l’acquérir. En d’autres mots, Dieu a commencé à s’éloigner de la pensée de l’homme, au moment même où son imagination a prétendu lui donner une forme : s’il n’y a jamais eu une utilisation instrumentale de Dieu, elle a commencé ici.

 

Nous en trouvons un exemple dans une des Opérettes morales de Giacomo Leopardi, intitulée “Dialogue entre un follet et un gnome”.

 

Le follet informe que : “les hommes sont tous morts, et la raceest perdue”; ils ont disparu “une partie en faisant la guerre l’un contre l’autre, une partie en naviguant, une partie en se mangeant l’un l’autre, une partie en se suicidant, une partie en moisissant dans l’oisiveté, une partie en se creusant la tête dans les livres, une partie en faisant la noce, et vivant de manière désordonnée dans mille choses, enfin en étudiant tous les moyens  pour aller contre leur propre nature et de mal tomber.”

 

FOLLET : Mais maintenant qu’ils ont tous disparu, la terre sent qu’il ne lui manque rien, et les fleuves sont las de courir, et la mer, bien qu’elle ne soit plus utile à la navigation et à la circulation, ne se voit pas qu’elle s’assèche.

 

GNOME : Et les étoiles et les planètes ne manquent pas de naître et de  pâlir, et elles n’on pas perdu les grains.

 

FOLLET : Et le soleil ne s’est pas enduit le visage de rouille ; comme il fit, d’après Virgile (Géorgiques I., 466-67) pour la mort de César

 

On veut dire que Leopardi a une fin polémique et ne prend pas en considération le problème concernant les conséquences de la disparition  “réelle” de la race humaine de la planète ; il y sauve, en effet, les deux races intelligentes des follets et des gnomes, car autrement personne ne resterait pour discuter.

 

En termes concrets, au contraire, si le genre humain

disparaissait, on en aurait (bien qu’on veuille en dire du mal) un déclin de la hiérarchie intellectuelle du monde, en faveur des autres mammifères et des animaux supérieurs : le monde resterait créé pour eux. Puis s’ils disparaissaient eux aussi, on en aurait un ultérieur déclin de l’intelligence terrienne.

 

Si les insectes disparaissaient aussi…et donc les vers, les amibes, les cellules primordiales…le bouillon…le phénomène se résoudrait avec une série de déclins successifs, jusqu’à arriver, non pas à la disparition de tout type de mouvement vital, mais à celle de l’univers entier, comme si vraiment entre matière et intelligence universelle il existait un point de contact duquel le genre humain représentait simplement un grade de hiérarchie.

Même Dieu, en sens réel, disparaîtrait.

 

Quand, au temps de l’humanité ingénue, Dieu offrit aux hommes tous ses miracles naturels, et mit à disposition de leurs esprits toute la mathématique de la vie, deux figures sévères apparurent sur la Terre qui se mirent à  railler tout ce que l’homme commençait à observer et à comprendre. Il s’agissait de l’Esprit de Mensonge et de l’Esprit d’Arrogance.

Et ils dirent : – Il n’y a pas de puissance dans la rose qui éclot, dans l’agneau qui naît ou dans la pluie qui tombe, puisque tout ce qui est naturel est normal. Mais nous avons vu les maisons voler sur la mer, et les astres interrompre leur course, et les morts ressusciter, et cela oui, témoigne la puissance de Dieu.

Et c’est ainsi que l’ingénuité quitta le monde, et que Mensonge et Arrogance prirent sa place, devenant eux-même le feu fondamental, le grand  bang de la culture future de l’humanité.

 

 

 

 

 

 

 

 

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